Coulanges-sur-Yonne
 
yvonne morand, enfant terrible de la ville de coulanges-sur-yonne

Il ne faut certes pas croire que tous les habitants de Coulanges sont atteints de diarrhée chronique et s'en vont assouvir leurs besoins dans la rivière. Au contraire, ils revendiquent avec vigueur le fait d'être, par nature, plutôt constipés. Ils disent également que ce sont les gens de Coulanges la Vineuse, ville située un peu plus au Nord, qui souffrent de troubles intestinaux.
Un comité d'action local a d'ailleurs introduit une requête visant à rebaptiser la localité : ils veulent désormais qu'on nomme leur cité "Bouché-sur-Yonne". Mais on ne sait pas si cette demande, aussi fondée soit-elle, va aboutir.

Quant à l'Yonne, cette grande rivière doit son nom à Yvonne Morand, enfant terrible de Coulanges, qui entra en violent conflit avec l'évêque d'Auxerre, le grand saint Germain (voir : Auxerre) qu'elle accusait de mouiller son vin de messe avec de l'eau-de-vie.
Après avoir fomenté une révolte des vignerons de la région, elle périt noyée, sur ordre du prélat excédé, dans les eaux de la rivière qui traversait sa ville et qui prit le nom de cette mégère.
Simplement, comme pour conjurer les flots tumultueux et parce que le saint voulait supprimer toute référence à cette Yvonne, vipère venimeuse, violente, vociférante, vindicative, véhémente, vilipendée qui avait vainement voulu vaincre la volonté de son vainqueur, on ôta le "v" de son nom et la rivière s'appela désormais l'Yonne.

Légende ou non, il reste que l'Yonne est "l'enfant terrible" du bassin de la Seine. Certains considèrent même que, comme l'Yonne débite beaucoup plus d'eau que la Seine à son confluent de Montereau, c'est elle qui arrose Paris et non la Seine.

Apollinaire aurait donc dû chanter :
"Sous le pont Mirabeau
Coule l'Yonne
Et nos amours
Faut-il qu'il t'en souvionne"