Dillingen
 

Dès l'époque glaciaire, cette bourgeoise petite localité des bords du Danube exportait ses glaçons vers l'Écosse qui, paradoxalement en ces temps reculés, manquait de cette matière première indispensable à la consommation de whisky.
Le réchauffement de l'atmosphère suivant la période de Loess mit un terme à l'expansion économique de la cité qui, pendant plusieurs siècles, végéta, repliée sur elle-même.
Ce sont les archevêques de Dillingen qui parvinrent, au début du Moyen Age, à tirer la bourgade de son sous-développement. Une superbe cathédrale témoigna bientôt tant de l'importance de la ville que de la puissance politique des prélats. Malheureusement, cette cathédrale, construite au XIIe siècle en sable du Danube, n'a pas résisté aux bombardements de la dernière guerre mondiale et seul en subsiste un tas de sable dans un jardin public (monument classé et protégé).
Le bourgmestre de Dillingen en allemagne

Une vieille coutume, remise à l'honneur en 1946, montre bien l'esprit frondeur et facétieux des joyeux habitants de Dillingen :

Chaque printemps, le troisième samedi qui suit la commémoration de l'anniversaire du centenaire de la communion privée de saint Willibrod (le saint local), les jeunes gens qui ont eu vingt ans au cours de l'année se précipitent au tas de sable de la cathédrale pour confectionner un pâté de sable, le plus difforme possible mais le plus résistant. Il s'agit ensuite pour eux de faire tenir ce pâté en équilibre sur la tête du bourgmestre de Dillingen qui, en bon allemand, a pris soin de se faire une coiffure réglementaire et germanique, au carré.
Le magistrat communal doit rester impassible malgré les agaceries folâtres de quatre jeunes filles, habillées très légèrement, qui le pelotent.

Le jeune homme dont le pâté est resté les plus longtemps sur la tête du bourgmestre reçoit comme récompense le droit de figurer saint Willibrod dans la célébration de son Mystère, joué tous les ans, en été, le treizième mercredi qui suit la commémoration de la première pipe de saint Willibrod (le saint était un grand fumeur).
On ne sait trop en quoi consiste ce rôle, car sa nature exacte n'est révélée qu'aux seuls habitants de Dillingen, cependant ce doit être assez agréable vu le grand nombre de jeunes qui participent au concours annuel.

De nos jours, Dillingen, sauf aux jours de fête, reflète le calme habituel des cités danubiennes où, heureusement, le poids d'un glorieux passé n'a pu étouffer le présent : Dillingen s'est en effet récemment spécialisée vers l'exportation des eaux fluviales du Danube vers Vienne, Budapest les grands ports de la mer Noire, s'ouvrant ainsi, avec la chute du Rideau de Fer, l'immense marché russe.