Nouillopont
 

Dans l'église de Nouillopont, construite en carton par un architecte particulièrement flemmard, on pourra voir un curieux tableau, œuvre d'un artiste passionné de cuisine italienne.

Dans un cadre rectangulaire comme une lasagne, la scène représente la Samaritaine. La jeune femme, aux cheveux raides comme des spaghettis, est penchée sur une fontaine en forme de coquillette. Elle boit, en aspirant avec un macaroni, le liquide que contient la vaque, en l'occurrence un liquide rouge où flottent des morceaux de viande.
À ses côtés, le Christ distribue religieusement des raviolis en guise d'hostie à des fidèles recueillis.
Et, tandis que dans le ciel, des anges soufflent dans des pipeaux longs comme des cannellonis, dans un coin du tableau, le diable, cornu et fourchu, s'amuse à singer Notre Seigneur en lançant des tortellinis à des diablotins grimaçants et hilares.

On frémit à la pensée que cet artiste anonyme, s'il s'était inspiré de la cuisine chinoise, aurait dénaturé nos Saintes Ecritures de manière encore plus blasphématoire. Dépassant toutes les limites de la bienséance, il aurait alors sans doute représenté Notre Seigneur Jésus-Christ, agonisant sur sa croix, sous forme de canard laqué à la pékinoise. Ses pieds auraient baigné dans de la sauce "hoisin". Des lamelles de poireau, en auréole, auraient orné le pourtour de Sa Sainte Tête, tandis qu'à la cîme d'un Golgotha en forme d'oeuf de mille ans, les soldats, au pied de la croix, auraient joué aux dés sa crêpe au riz, immaculée et d'une seule couture…

Horrible pensée !

le maitre de nouillopontaimait la cuisineitalienne